Les 3 facteurs de succès de la cocréation

Innoviris a lancé un nouvel appel à projets Co-create pour inciter les Bruxellois – entreprises et citoyens – à coconstruire le futur qu’ils souhaitent pour leur Région. Mais qu’est-ce donc la cocréation et quels sont les facteurs de succès de ce processus ?

La cocréation est généralement définie comme le développement de produits et/ou services en collaboration active avec ses clients et ce, de façon durable. De façon plus large, il s’agit de travailler et collaborer avec tous les partenaires d’une entreprise, qu’il s’agisse des employés, des fournisseurs, des clients, de centres de recherche ou de différents organismes publics. Le but est non seulement de développer des produits et services adaptés aux besoins réels des consommateurs, mais aussi de diminuer les impacts environnementaux liés à leurs production et utilisation. C’est donc une stratégie d’entreprise basée sur les échanges et l’implication de toutes les parties prenantes. Elle a pour but de créer des produits et services plus robustes, plus respectueux de l’environnement et de susciter des changements de comportements tant chez les consommateurs que chez les fournisseurs, et bien évidemment au sein même de l’entreprise.

Pour réussir un processus de cocréation, trois facteurs sont essentiels : identifier le domaine, produit ou service où la cocréation sera la plus utile et rentable, identifier les cocréateurs potentiels et enfin, savoir les motiver et maintenir cette motivation au fil du temps.

Identifier le domaine ou le produit qui bénéficiera le plus de la cocréation

Pour que la cocréation aboutisse à un bénéfice sur le long terme, les entreprises doivent se concentrer sur des activités offrant un avantage concurrentiel durable. Il peut s’agir de l’amélioration du processus de fabrication pour optimiser l’usage des ressources, ou de l’amélioration d’un produit existant pour mieux répondre aux attentes des clients ou satisfaire des nouvelles normes et réglementations, ou encore de la création d’un produit ou un service innovant, etc. Le processus de cocréation peut porter également sur un changement des habitudes des clients ou sur une plus grande implication dans la communauté locale.

Le projet Falcoop, par exemple. Il vise à renforcer l’accessibilité du supermarché coopératif BEES Coop à toutes les personnes, quel que soit leur profil socio-économique. Cela se fait entre autres via des échanges autour des savoir-faire alimentaires des différentes communautés présentes dans le quartier. Ce projet, mené dans le cadre du programme Co-Create d’Innoviris, a pour partenaires BEES Coop, le centre de recherche CEESE – ULB et différents acteurs socio-culturels de Schaerbeek et St-Josse (maisons médicales, CPAS, associations de quartier, écoles etc.).

Identifier les cocréateurs

Les participants à impliquer diffèrent en fonction du projet de cocréation. . Il est donc essentiel d’identifier les acteurs clés. Si par exemple, une entreprise souhaite améliorer la chaîne logistique, il est intéressant de travailler avec ses principaux fournisseurs, des transporteurs et souvent les employés des départements concernés. Si l’on souhaite améliorer un produit existant, il faut identifier les clients existants, les raisons pour lesquelles ils utilisent ce produit en particulier, ainsi que leurs besoins et attentes. Il faut en même temps impliquer à nouveau les employés, par exemple les départements design et production, ainsi que le service après-vente.

Motiver et entretenir la motivation des participants

En plus de bien cibler les cocréateurs, il est également important d’atteindre une masse critique : s’il n’y a pas assez de personnes, les chances de succès de la cocréation diminuent. Une communication claire autour du projet et de ses objectifs est très importante pour amener les gens à s’inscrire dans un processus de cocréation et pour qu’ils sachent le type d’aide que l’on attend d’eux. Il faut également mettre en place des outils simples et faciles à utiliser pour ne pas décourager les cocréateurs potentiels.

Comprendre et exploiter ce qui motive les cocréateurs est également essentiel pour les amener à soumettre de bonnes idées. Si les récompenses matérielles et la reconnaissance sont parfois des facteurs, souvent la curiosité, le désir d’apprendre, ainsi que les aspects ludiques et sociaux de ces projets sont bien plus importants. Dans les projets environnementaux et sociaux, le fait de pouvoir de s’impliquer dans une communauté et d’avoir un impact positif sur son environnement direct est également source de motivation pour les participants. Les organisations se lançant dans la cocréation doivent jouer sur différents aspects pour engager et maintenir l’intérêt des cocréateurs et entretenir la dynamique du processus.

Et à Bruxelles ?

La cocréation permet donc aux organisations qui l’utilisent de s’ouvrir vers la communauté dans laquelle elles fonctionnent et grâce à laquelle elles existent. Ainsi, elles participent et interagissent avec leur écosystème et utilisent celui-ci pour répondre aux défis auxquels elles sont confrontées. Bien menée, la cocréation peut aboutir à des solutions, produits ou services plus adaptés et plus durables. C’est pourquoi la Région bruxelloise promeut le processus depuis 2015 via l’appel à projet « Co-create pour une résilience urbaine » d’Innoviris.

Co-create a pour objectif de résoudre des défis propres à la Région bruxelloise par un rapprochement entre les entreprises, les universités, les associations et les citoyens. À ce jour, Innoviris soutient 16 projets Co-create dont le but est d’explorer, développer et tester des solutions innovantes pour rendre Bruxelles plus résiliente face aux enjeux socio-économiques et environnementaux actuels. Les domaines couverts sont nombreux – l’alimentation, le logement, la mobilité, l’énergie et les services liés, la gestion de l’eau, la santé, l’innovation sociale et organisationnelle, l’enseignement, la culture, l’économie, etc. – mais l’objectif est leur amélioration pour les rendre plus durables et résilients. 

Appel à projets Co-Create 2018

Vu le succès des éditions précédentes, Innoviris lance un nouvel appel à projets Co-create. Comme auparavant, cette action repose sur 3 piliers :
– proposer des solutions innovantes pour résoudre des failles et faiblesses dans les services urbains que propose la Région ;
– développer ce projet « en cocréation » avec différents acteurs : entreprises, centres de recherches, associations ;
– favoriser et encourager l’innovation sociétale et participative.

Les projets ne devront pas en outre se focaliser sur l’innovation technologique, mais explorer d’autres pistes moins courantes (« low-tech », « local tech », etc.). L’exploration et l’expérimentation sont justement primordiales, tout comme l’aspect participatif. Il faut donc mobiliser ses partenaires et travailler de concert avec les utilisateurs finaux.

La procédure de sélection se déroule en 2 phases: l’avant-projet (ou « project outline » et le dossier final. L’avant-projet doit être introduit au plus tard pour le 1er mars 2018 à 12h00, auprès d’Innoviris. Si l’avant-projet est sélectionné, Innoviris peut vous donner jusqu’à 25 000€ pendant 6 mois pour élaborer votre projet final, à soumettre avant le 5 novembre 2018 à 12h00.

Intéressé(e) ? Vous pouvez trouver plus d’informations ainsi que le formulaire de candidature sur le site de l’appel à projets.

Personnes de contact :

Innoviris: Xavier Hulhoven – +32 2 600 50 68 – xhulhoven@innoviris.brussels
BECI: Laura Rebreanu – +32 2 643 78 26 – lr@beci.be

Cet article vous est proposé par Laura Rebreanu, green@beci.be.
Vous pouvez également contribuer au contenu de notre site et vous placer comme référence auprès de nos internautes. Faites-nous part de votre expertise, de vos idées fraîches et de votre vision. Nous publierons votre texte, s’il répond aux besoins des entreprises bruxelloises et qu’il nous est fourni en français et néerlandais.